« `html
La tension va grimper en Drôme-Ardèche : la France débarque aux Championnats d’Europe de cyclisme 2025 avec un collectif à la fois ambitieux et rajeuni. Entre la confirmation attendue de Romain Grégoire, armé pour le leadership sur un circuit taillé pour les puncheurs, et l’irruption déjà fracassante du prodige Paul Seixas, la sélection tricolore affiche un visage offensif, déterminé à bouleverser la hiérarchie continentale.
Un collectif dépoussiéré, mais des choix tranchés
L’annonce de Thomas Voeckler a fait grincer quelques dents et lever des sourcils. Ni Julian Alaphilippe, ni Valentin Madouas : le sélectionneur a décidé de miser sur la jeunesse dynamique et la forme du moment plutôt que sur le CV ou le prestige. Quatre “Mondialistes”, mais une rotation assumée pour injecter du sang neuf et créer une dynamique imprévisible. Autour de Grégoire, les Paret-Peintre (Valentin et Aurélien), Julien Bernard, Pavel Sivakov, Nicolas Prodhomme et Alex Baudin. Huit hommes, huit profils pour une équipe de France polyvalente mais clairement orientée vers l’attaque dans le final explosif qui les attend sur les routes au relief cassant de l’Ardèche.
Ne pas retenir Alaphilippe, c’est tourner une page – du moins pour cet exercice européen. Voeckler prend ses responsabilités : il faut préparer l’avenir, croire en la capacité de Grégoire, déjà très en vue sur les classiques, à porter le maillot bleu sur ses épaules. Derrière lui, Bernard et Sivakov garantiront la caisse dans les longs kilomètres, Baudin le dossard du grimpeur pur, tandis que Prodhomme apportera sa régularité, encore prouvée cette saison. Un collectif pensé pour dynamiter la course, pas pour la cadenasser.
“On veut de l’audace, on veut faire bouger les lignes. L’Europe, ce n’est pas un lot de consolation, c’est le ring idéal pour lancer ces gars”, tacle un membre du staff français.
Seixas, 19 ans : la révélation qui casse les codes du cyclisme français ?
On l’a vu déjà épatant à Kigali, meilleur Tricolore des derniers Mondiaux, 13e de la course en ligne et médaillé d’argent sur le relais mixte. Paul Seixas, 19 ans à peine, incarne ce nouveau souffle du cyclisme bleu-blanc-rouge. Un coup de pédale fluide, une capacité à encaisser (16e du chrono, pourtant loin d’être une spécialité), et surtout un mental qui donne des idées au staff.
L’Ardèche devrait lui offrir son premier vrai test d’envergure face à l’élite continentale, sur un terrain où le placement, l’instinct et la fraîcheur peuvent faire sauter le verrou des pronostics. Après « les Mondiaux à la suite d’une première grosse saison pro, on va voir s’il a les jambes et la lucidité pour exister dans le money time d’une grande course par équipes », glisse un suiveur averti. Le pari est risqué, mais c’est ce genre de profil “sans limite” qui peut rafraîchir la hiérarchie. De quoi valider les investissements consentis dans la préparation physique pour les compétitions.
“Dans les 10 derniers kilomètres, ce n’est plus le corps qui décide, c’est la tête”, confie un ancien vainqueur d’étape de la Drôme Classic. “Ce genre de parcours, c’est l’école du cyclisme moderne.”
Quelle marge face au gratin européen ?
La question est frontale : la France, avec cette nouvelle garde, a-t-elle les moyens de peser face à la densité des nations déjà favorites (Belgique, Pays-Bas, Italie) ? Grégoire, en puncheur en pleine ascension, sera scruté par tout le peloton. Mais l’absence d’un leader ultra-expérimenté au palmarès majuscule crée une inconnue. Le jeu collectif devra primer, et l’abnégation dans les bordures feront la différence.
L’état de forme et la récupération post-Mondiaux pèseront lourd, alors que la filière anaérobie sera mise à mal par une succession de bosses courtes, le scénario rêvé pour les attaques de loin. Les automatismes entre les mondes (World Tour, jeunes élites, spécialistes du jour) feront la différence : « L’Europe, ce sont parfois des courses folles, ouvertes », rappelle un coach italien. Personne ne donne la France favorite – et c’est peut-être ce qui lui donne une chance de frapper fort.
À l’aube de ces Championnats, la France joue la carte de la fraîcheur… mais aussi de l’audace face à un continent toujours plus dense. Les projecteurs seront braqués sur Grégoire, Seixas et compagnie, avec l’envie de surprendre, d’oser, et pourquoi pas de bousculer la hiérarchie. Prochaine étape, la route, le peloton, la ligne. Là où tout se joue.
« `